Axel Maraval : « Domzale jouera sa finale face à l’OM ! »

MaravalDomzale

Aujourd’hui gardien de Sedan, Axel Maraval, 24 ans, a joué une saison à Domzale, prochain adversaire de l’OM en barrage d’Europa League. L’occasion de revenir sur le parcours atypique de ce joueur né à Marseille, mais également de découvrir le club slovène.

Bonjour Axel, tu es aujourd’hui le gardien du CS Sedan Ardennes, peux-tu nous retracer ton parcours ?

J’ai démarré à l’USPEG Marseille, avant d’intégrer Aubagne puis l’AS Monaco. Après quatre ans au centre de formation de l’ASM, j’ai signé mon premier contrat professionnel sous les ordres de Claudio Ranieri. A ce moment le club remontait en Ligue 1 avec toutes les stars que l’on connaît notamment James Rodriguez ou Falcao. Je m’entraînais au quotidien avec eux.
Ensuite j’ai été transféré en Ligue 2 à Arles-Avignon où je devais débuter en tant que doublure. J’ai eu l’opportunité de passer titulaire au cours de la saison mais le club a ensuite été mis en liquidation judiciaire (NDLR : en 2015). Après quelques mois de galères j’ai rejoins Domzale durant un an avant d’avoir l’opportunité de rentrer en France du côté de Sedan qui évoluait en National 1.

A Monaco tu t’entraînes avec Daniel Subasic, avec qui tu as gardé une excellente relation…

Ah oui complètement, on est resté très proches et sommes toujours de bons amis ! Quand j’ai besoin de ses conseils je les prends volontiers. A Monaco j’avais la chance de côtoyer Subasic mais aussi Romero et Roma, trois tops gardiens. Pour moi Daniel Subasic est le meilleur à son poste en Ligue 1 donc forcément m’entraîner avec lui m’a beaucoup aidé.

Revenons sur ton parcours, après deux saisons titulaire avec la réserve de Monaco tu pars à Arles-Avignon…

Je faisais partie du groupe de l’ASM mais l’objectif était de continuer ma progression. Au départ je dois être prêté à Arles, mais il y a eu beaucoup de complications, de changements. Les deux clubs veulent d’abord un partenariat avec plusieurs prêts mais ça ne s’est pas fait et ils se sont entendus sur un transfert. Mon souhait était d’être prêté afin de revenir à Monaco mais ça n’a pas été possible…
Je débute cette expérience en Ligue 2, il y a quatre gardiens dans l’effectif pro dont Matej Delac prêté par Chelsea. Manque de chance je me blesse en pleine préparation et je me retrouve éloigné des terrains durant deux mois. A mon retour forcément je suis dernier dans la hiérarchie mais je ne lâche rien et devient titulaire après la trêve hivernale.

Malheureusement le club descend en National 1, le début des complications ?

Au moment de la descente je me retrouve avec deux propositions en Ligue 2 mais aussi la possibilité de rester en National 1 avec Arles-Avignon en tant que titulaire. Puis tout s’écroule, le club est mis en liquidation, les dirigeants forcément eux veulent faire rentrer de l’argent, ça ralentit tout, je me retrouve complètement bloqué. La liquidation judiciaire prend effet officiellement en octobre, je suis libéré de mon contrat. Mais quel club a besoin d’un gardien titulaire à ce moment-là de la saison ?

Finalement tu atterris en janvier 2016 à Domzale, en Slovénie !

En fait je m’entraînais à Consolat Marseille grâce au coach Nicolas Usaï que j’ai ensuite rejoins à Sedan. Le club a gentiment accepté que j’entretienne ma condition physique chez eux. Je ne croulais pas sous les propositions. Puis un jour, Luka Elsner, l’entraîneur de Domzale, m’appelle. Il m’explique qu’il cherche un gardien titulaire et qu’il a eu d’excellents échos à mon sujet sur mes prestations en Ligue 2. Dans la foulée je pars en Slovénie, le coach, qui parle français, me met de suite à l’aise et me laisse quelques jours de réflexion. Pour moi tout était OK !

La-bas, tu joues l’Europa League dont un déplacement à West-Ham. Ça semblait impensable quelques mois plus tôt ?

En signant à Domzale j’avais en tête l’envie de jouer des matches européens… (Il réfléchit). Avec le recul je me rends compte que dans ma carrière rien n’a jamais été simple… Il y a des hauts, des bas… A Monaco tout allait bien, ensuite j’enchaîne en Ligue 2 avec Arles-Avignon avant cette liquidation judiciaire pour enfin me retrouver en Slovénie et jouer six mois plus tard les tours préliminaires d’Europa League avec un match à West-Ham devant 60 000 personnes, c’est énorme !
Au match aller (victoire 2-1 de Domzale) on les a vraiment surpris. Tout le monde nous donnait perdants donc on n’avait aucune pression. On les a complètement surclassé dans l’impact et la vitesse. Au retour c’était différent. Forcément on était attendu, c’était le match d’ouverture dans leur stade olympique, ils n’avaient pas le droit à l’erreur et la différence s’est faite ressentir (West-Ham s’impose 3-0).

Comment se passe la suite de ton aventure en Slovénie ?

Moins bien… Quelques semaines après les matches européens, Luka Elsner s’en va du côté de l’Olimpia Ljubjana. Un nouvel entraîneur arrive et met en place une autre politique au sein du club. Il souhaite mettre en avant la formation slovène, et éviter de recruter des étrangers. J’arrivais en fin de contrat et il ne souhaitait pas me prolonger. Et là encore pas de chance je me blesse… A mon retour je ne joue plus et j’ai cette opportunité de revenir en France, à Sedan. Pour être franc, dès la fin de la campagne d’Europa League je voulais rentrer mais Domzale n’a pas accepté.

Après une expérience en Slovénie, Axel Maraval évolue désormais à Sedan.

Après une expérience en Slovénie, Axel Maraval évolue désormais à Sedan.

Et donc à Sedan tu retrouves Nicolas Usaï, qui t’a tendu la main du côté de Consolat.

Je n’oublierai jamais ce qu’il a fait pour moi à Consolat. Il ne me connaissait pas du tout, j’étais dans une mauvaise période et il m’a aidé à sortir la tête de l’eau. J’ai beaucoup de respect envers lui, c’est un super entraîneur. Quand il signe à Sedan, il appelle mon agent pour solliciter mes services et je n’ai pas hésité une seule seconde !
A mon arrivée, le club nage presque en plein chaos, on a onze points de retard sur le premier non-relégable. On réalise une deuxième partie de saison de folie mais on loupe le maintien lors du dernier match…

Que ce soit à Arles-Avignon ou Sedan, tu as connu des saisons difficiles sur le plan collectif mais tu as toujours su tirer ton épingle du jeu, preuve d’un mental très solide…

J’essaye de positiver , je sais que je dois prouver que je mérite ma place de titulaire car je ne suis pas un grand nom. Par exemple à mon arrivée à Sedan le coach Usaï loue mes qualités auprès de la direction et fait le forcing, il arrive à convaincre le président. Je sais qu’il y a eu des hésitations chez les dirigeants car la situation du club à l’époque était extrêmement compliquée, ils ont douté de ma capacité à tenir le pression alors qu’on jouait le maintien.
En fin de saison je suis élu second meilleur joueur de l’année derrière Nadir Belhadj, le capitaine, alors que je ne joue que six mois. On est revenu me voir en me disant : « Si on avait su, on n’aurait pas hésité une seconde à te signer ! ». Comme quoi dans le foot il faut constamment prouver qu’on mérite d’être où l’on est.

Sedan est un club qui a une histoire riche, est-ce que tu le ressens au quotidien ?

Complètement ! Les supporters là-bas sont passionnés, ils ne nous lâchent pas. L’an dernier en National il nous arrivait d’évoluer devant 13 000 personnes, c’est quand même dingue. A la reprise au début de l’été, une centaine de personnes sont venues nous voir !

Malgré la descente en National 2 (ex-CFA) tu as décidé de rester à Sedan ?

Le club dispose du statut amateur mais fonctionne comme un club professionnel. On s’entraîne deux à trois fois par jour, il y a une équipe dirigeante bien définie, avec des intendants. Sur le plan personnel j’ai un entraîneur des gardiens donc tout est similaire à un environnement pro. C’était une réelle condition pour moi, je ne me voyais pas faire 3 entraînements par semaine, à 19 heures, où je n’aurais eu qu’une séance spécifique gardien.

L’objectif est de remonter directement en National 1 ?

On sait qu’on ne part pas favoris car il y a beaucoup de concurrence. Les dirigeants misent énormément sur les jeunes et on a tous envie de jouer les premiers rôles. En face il y aura de bonnes équipes comme Fleury-Merogis, Bastia-Borgo ou Lusitanos qui partent avec une longueur d’avance mais on veut jouer notre chance à fond. (NDLR :  Sedan s’est imposé 3-1 à Saint-Geneviève en ouverture du N2. Axel Maraval a joué l’intégralité de la rencontre).

« Le championnat slovène se situe entre la Ligue 2 et le National 1 »

 

Axel, on passe à un tout autre sujet. Tu es né à Marseille et il se trouve que l’Olympique de Marseille affronte ton ancien club, le NK Domzale. Parle-nous du championnat slovène, à quel niveau peux-tu le comparer ?

C’est un bon championnat qui se situe entre la Ligue 2 et le National 1. Il y a quatre équipes qui se détachent et qui ont le niveau de la Ligue 2 comme l’Olimpia Ljubjana, Maribor, Gorica et Domzale, les autres sont plutôt comparable à ce que j’ai connu en N1.

Avec ce tirage au sort, tu as du te faire chambrer un peu par tes anciens coéquipiers, ou inversement ? Tu leur as dis à quoi s’attendre ?

On est toujours en contacts, ils savent que je viens de Marseille donc forcément c’est marrant. Mais ils ne m’ont pas demandé de conseils, ils connaissent tous Marseille et savent très bien à quoi s’attendre. Je ne suis pas sur que le Vélodrome les impressionne. Forcément c’est un grand stade mais dès que le coup d’envoi est donné, tu es dans ta bulle et tu te focalises sur la rencontre. Après chacun aura son propre ressenti. En revanche pour l’OM je pense que ce sera plus facile de s’imposer au Vélodrome que de gagner là-bas lors du match aller.

Tu connais très bien l’effectif, de qui l’OM doit se méfier ?

L’effectif est quasiment inchangé depuis mon départ, il y a eu quelques ajustements. Dans les cages, un gardien d’expérience et capitaine, Dejan Milic. Ils ont un excellent latéral gauche, Jure Balkovec. C’est un joueur complet, offensif, qui tire très bien les coups de pieds arrêtés. Devant l’OM devra se méfier de Jan Repas, un bon petit attaquant, gaucher et très dribbleur. Il fait partie des meilleurs espoirs slovènes. Au milieu de terrain ils ont un vrai bulldog, Zeni Husmani, c’est un mec hargneux, il ne lâche rien.

A quel genre de confrontation les Marseillais doivent s’attendre ?

Ce ne sera vraiment pas facile pour Marseille, surtout à l’aller ! Domzale réalise le meilleur parcours européen de son histoire, c’est déjà énorme pour le club. Ils sont donnés perdants par tout le monde donc ils n’ont rien à perdre, c’est comme une finale pour eux. L’entraîneur Simon Rozman va leur demander de ne pas les attendre, d’aller les chercher dans les duels, d’être durs sur eux afin de les faire douter. Il va vouloir les étouffer afin de récupérer la possession et partir vite de l’avant. Si Domzale attend derrière que ça se passe, ce sera perdu d’avance pour eux.

Personnellement je m’attends à un match serré en Slovénie et plus ouvert au Vélodrome. Maintenant si l’OM fait le match parfait il n’y a pas photo entre les deux équipes.

Pour finir Axel, que peut-on te souhaiter pour la suite ?

La montée en National 1 avec Sedan qui mérite amplement de retrouver le plus haut niveau. C’est un objectif que je me suis fixé et que j’ai envie d’atteindre avec ce club.

(Credits photo : Lado Vavpetic / NK Domzale)

Florian Delle Vergini – 

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