Le Cercle de Bruges, un champion qui tourne rond

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Vainqueur de la Proximus League (D2 belge), le club filial de Monaco a atteint l’objectif qu’il s’était fixé en début de saison. Et sa colonie française y est pour beaucoup dans ce succès. Décryptage

Le football est bien une science inexacte. Qui aurait dit après le 7-1 infligé par Louvain au Cercle de Bruges, le 19 août dernier, que les Brugeois seraient champion sept mois plus tard.

La saison des Vert et Noir n’a pas été linéaire. Avec l’arrivée de l’AS Monaco à la tête du club, l’effectif a été remanié. Il a fallu intégrer de nombreux jeunes du centre de formation monégasque, sans véritables expériences professionnelles, encadré par des recrues.

Après avoir affiché très tôt ses ambitions, le Cercle était donc sous pression. Exit le coach portugais, José Riga au mois d’octobre, remplacé par Frankie Vercauteren, un habitué aux succès outre-quiévrain. Des changements, notamment un passage à une défense à trois, ont apporté une certaine stabilité, autant sur le plan défensif qu’offensif.

Après une deuxième partie de saison quasi-parfaite (une seule défaite, meilleure attaque du championnat), les « Groen-Swart » faisaient office de grand favori pour cette finale face au Beershot Wilrijk. D’abord parce que la dynamique était de leur côté, puis parce qu’ils avaient remporté 3 de leurs 4 confrontations cette saison.

Défait à l’aller (1-0), le Cercle se retrouvait au pied du mur. Mais à domicile, poussé par son public, les partenaires de Jéremy Taravel faisaient rapidement leur retard par Mercier puis prenaient l’avantage par Crysan. Mais il était écrit qu’à l’image de leur saison, rien ne serait simple. Wilrijk inscrit ce fameux but à l’extérieur à six minutes de la fin. Puis vient cette 90e minute où Cardona est fauché dans la surface. L’attaquant se fait justice et envoie le Vert et Noir au paradis.

Singularité belge, le champion de D2 est en vacances au mois de mars. L’heure donc du bilan pour le club le plus francophone du plat pays.

Les Tricolores passés au crible

Paul Nardi : Un prêt renouvelé où il a confirmé les six bons mois de la saison passée. Auteur d’une saison pleine (29 rencontres sur 30), il a semblé, lui aussi, monté en puissance tout au long de la saison. Auteur d’un mois de janvier de grande qualité, il a gardé sa cage inviolée à 8 reprises cette saison. Un des grands artisans de cette montée.

Jordy Gaspar : Prêté lui aussi par l’AS Monaco, il avait bien débuté la saison. Il a payé le changement d’entraineur et le remaniement tactique. Avec 16 matchs dont 7 titularisations et un but inscrit, le latéral arrivé en provenance de Lyon a apporté sa pierre à l’édifice.

Jérémy Taravel : Arrivé en provenance de la Gantoise où il a peu joué, il a retrouvé goût au jeu et apporté son expérience. Titulaire à 22 reprises, il a aussi marqué dans des moments importants (3 buts). Indéniablement, un des hommes forts de cette fructueuse saison.

Benjamin Delacourt : Comme son compère de la défense, il est venu pour apporter son expérience et encadré ses jeunes coéquipiers. Ce qu’il a fait à merveille. Il a profité de l’arrivée de Vercauteren pour trouver une place de titulaire (17 fois). Un homme de l’ombre mais qui aura eu un rôle prépondérant dans l’ascension du Cercle.

Christophe Vincent : Titulaire avec José Riga, il fait les frais de son éviction. Titulaire à 6 reprises avec le coach portugais, il n’a eu ensuite que 3 bouts de matchs (pour un but) à se mettre sous la dent.

Tristan Muyumba : Blessé en début  puis en cours de saison, le jeune milieu de 21 ans n’a pas réussi à prendre le wagon en route, que ce soit avec Riga ou Vercauteren. Le coach belge ne lui a offert que cinq petites minutes de jeu face à Westerlo (1-1), lors de la dernière journée des matchs retour.

Xavier Mercier : La plaque tournante du Cercle. Meilleur buteur du club (10 buts) et meilleur passeur (6), le milieu arrivé en provenance de Courtrai a été un des grands artisans de la montée. Buteur en finale, il a su se montrer important dans les moments décisifs.

Kévin Hoggas : Arrivé du Paris FC au mercato d’hiver, le milieu de terrain a rapidement trouvé sa place dans la rotation mise en place par Vercauteren. Titularisé 5 fois et entré en jeu à 3 reprises, celui qui a signé 3 ans devrait voir la Jupiler Pro League la saison prochaine.

Guévin Tormin : Pour sa première saison en professionnel, ce joueur de couloir a montré qu’il avait des jambes de feu. Fin dribbleur, virevoltant, il a été la belle surprise pour le public belge. Auteur d’une saison pleine (24 rencontres pour 6 buts), il ne lui reste plus qu’à confirmer.

Irvin Cardona : L’homme de cette deuxième partie de saison, que vous avez d’ailleurs élu joueur du mois en janvier. Oublié sa blessure en début de saison, il a démontré tout son potentiel. De jolis buts (7), une activité incessante, il s’est aussi mué en passeur (5). Auteur du pénalty décisif à la 90e minute de la finale retour, le minot du Pontet a montré qu’il avait du caractère. Et du talent…

Jérôme Olivari

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