Écosse – La renaissance de Malaury Martin

malaury martin

Après avoir longtemps vadrouillé dans l’ombre en Angleterre, en Suisse et en Norvège, Malaury Martin a retrouvé les projecteurs en 2017. Arrivé à Heart en janvier, le milieu de terrain formé à l’AS Monaco savoure son retour au premier plan en Écosse. Et espère bien confirmer dans les mois à venir.

Malaury, te voilà en D1 écossaise. Est-ce une petite revanche par rapport à ce que tu as connu par le passé ?

Oui et non car j’ai commis pas mal d’erreurs dans ma carrière. Après, je pense que beaucoup pensait que le haut niveau c’était fini pour moi. Au final, c’est un travail de longue durée qui paye aujourd’hui. Maintenant, je profite d’être dans ce championnat-là et je peux rêver d’un beau challenge avec Heart, car ce club a sa place dans le top 4 écossais. Et si on accroche l’Europe, je pourrai dire que c’est une revanche.

Justement, comment vis-tu le fait de rejouer à ce niveau ?

Je prends simplement du plaisir. J’ai eu des moments de galères alors forcément je savoure. Je retrouve des stades pleins, des affiches exceptionnelles. Ce n’est plus qu’une question de plaisir pour moi. J’avais touché le fond il y a quelques années et être là désormais, je ne me fixe plus aucune limite. J’ai réussi à ne pas lâcher dans des moments durs et c’est le plus important.

Comment es-tu passé du championnat norvégien à la D1 écossaise ?

Je pense que j’ai fait la saison qu’il fallait pour me montrer. Même si l’équipe a fait un championnat un peu moyen, sur un plan personnel c’était un exercice réussi. Et puis cela m’a permis de retrouver de la confiance mais également de l’espérance pour la suite de ma carrière. J’ai eu des opportunités et notamment celle de Heart.

Et tu n’as pas hésité…

Lors de ma saison à Middlesbrough, j’ai connu une ambiance folle, avec des gens passionnés, des médias qui vivent autour du football. J’avais envie de retrouver cette atmosphère si particulière, que l’on ne retrouve que dans les pays britanniques. Dans n’importe quelle division, il y a des stades pleins. Cela change de la Norvège où hormis le top 5, Rosenborg, Viking ou encore Molde, il n’y a pas de belles ambiances tous les week-ends.

En débarquant à Heart, as-tu découvert Édimbourg comme une vraie ville de foot ?

Oui complètement. D’ailleurs, en Écosse, je ne pense pas qu’Édimbourg soit dans l’ombre de Glasgow. Même si le Celtic reste devant, les derniers déboires des Rangers ont ouvert la porte à de nombreux clubs. Aberdeen, Heart ou encore Hibernian, qui fera son retour l’an prochain en D1, sont capables de belles choses. Nous, même si ça sera dur de titiller le Celtic, je sais qu’on peut prendre cette deuxième place. Après pour revenir à la ville, on va retrouver le derby la saison prochaine face à Hibernian. C’est excitant et puis il y a une telle passion que les deux clubs sont très importants.

« Monaco, mon plus gros regret dans ma carrière »

Tu découvres un quatrième pays en sept ans. Ce côté « globe-trotter » te plait ?

Oui, avec ma femme, on aime voyager. C’est intéressant de rencontrer de nouvelles personnes. Cela permet d’avoir une certaine ouverture d’esprit et c’est enrichissant. Maintenant, j’ai un contrat longue durée avec Heart. Avoir un peu de stabilité c’est bien aussi. Après j’ai souvent fait mes choix par rapport aux opportunités qui se présentaient. Par exemple, en Norvége, c’était plus une obligation. Et je ne le regrette pas.

Tu as démarré ta carrière très tôt à Monaco. Qu’est-ce qui t’a manqué pour passer un cap avec le club du Rocher ?

Monaco, c’est mon plus gros regret dans ma carrière. Quand j’ai débuté, tout se passait très bien et au moment où il a fallu franchir un cap, il y a eu un changement de direction et d’entraîneur. À partir du moment où Guy Lacombe a été le coach, l’équipe première a été inaccessible pour moi. Du coup, j’ai dû partir de Monaco à contrecœur.

Tu es allé en Angleterre dans la foulée. Est-ce qu’aujourd’hui tu regrettes d’être sorti de France si tôt ?

À Blackpool, il y a avait un beau projet et à mon âge, c’était très intéressant pour moi et je ne pouvais pas refuser. Après je pense que j’étais un peu trop jeune pour être prêt physiquement. L’année suivante, à Middlesbrough, ça s’est très bien passé. J’avais donné mon accord pour poursuivre l’aventure. Mais finalement je n’avais pas pu rester à cause d’affaires extra-sportives liées à la personne qui s’occupait de moi à cette époque. Maintenant, je ne regrette absolument pas mon choix. Partir à l’étranger, cela m’a servi.

Et aujourd’hui, tu te vois revenir en France ?

Forcément j’y pense. Mais je me plais vraiment à l’étranger.

Tu as été formé à la française, mais tu as vite vu autre chose. C’est quoi les grandes différences dans le jeu avec le Royaume-Uni?

En Grande Bretagne, le tempo est vraiment intense, sans temps mort. Et puis, c’est tout pour l’attaque. C’est pour ça qu’on voit des scores un peu fous chaque week-end. D’ailleurs je trouve beaucoup de similitudes entre le Championship anglais et la D1 écossaise. Après c’est difficile pour moi de parler de la Ligue 1 car ce n’est plus vraiment le même championnat. Mais on va dire que c’est beaucoup plus tactique. C’est un cran au-dessus à ce niveau-là.

Est-ce que le fait d’être formé à Monaco t’a servi ?

Oui. La culture et la formation à la française, il n’y a pas beaucoup d’équivalent en Europe. Et le fait de sortir de Monaco, ça me sert encore aujourd’hui.

En tant qu’ancien de la maison, quel regard portes-tu sur la réussite monégasque actuelle ?

C’est exceptionnel, mais ce n’est pas dû au hasard non plus. Entre l’expérience de certains cadres et la folie de joueurs de talent, il y a une homogénéité incroyable. Et pour moi, c’est une fierté de voir mon club réussir à ce niveau. Je me souviens qu’en 2004, quand j’étais au centre, on avait suivi de très près le parcours en Ligue des Champions. C’était fou et j’imagine très bien l’atmosphère qui doit se dégager dans le club actuellement. En plus de ça, Monaco est un club où les jeunes ont l’opportunité d’être proche du groupe professionnel.

Toi qui est né à Nice, pourquoi avoir choisi l’ASM plutôt que le Gym?

J’ai fait toutes mes classes à l’OGCN dans les petites catégories et ça se passait très bien. Puis un jour, il y a eu un incident avec mon frère qui était dans une catégorie au-dessus. À partir de ce jour il y a eu une fracture et je me suis tourné vers Monaco. C’était proche de la famille et puis cela faisait partie des meilleurs centres français. Maintenant, Nice a construit de très belles choses avec ses jeunes et dans une ville de passionnée, cela met encore plus de rivalité avec le voisin du Rocher.

Justement, en Écosse tu as retrouvé un autre Niçois qui s’éclate là-bas depuis plusieurs années…

Oui c’est vrai que j’ai rejoint Anthony Andreu. Je le connais depuis tout petit et on s’est souvent affronté quand on était plus jeunes. Après on n’a pas eu le même parcours à Monaco et du coup on s’est un peu perdus de vue. Là dernièrement on s’est croisé sur un match amical entre nos deux clubs. Cela fait toujours plaisir de se revoir et puis on essaye de suivre les performances des joueurs que l’on connaît.

L’an prochain, tu vas démarrer une saison complète. Est-ce que ça sera un tournant pour toi ?

Cela sera très important. La transition entre la Norvége et l’Écosse a été un peu délicate car je n’étais pas à 100% physiquement. J’ai mis du temps à revenir en pleine possession de mes moyens et du coup je n’ai pas eu le temps de jeu espéré. C’est pour ça que ça sera très important de repartir sur de bonnes bases durant la préparation car je veux m’imposer à Heart. Je dois faire partie des joueurs majeurs pour amener l’équipe vers son objectif, qui est de se qualifier pour une coupe d’Europe.

 

Photo : Skysports

 

Malaury Martin

Nationalité
fra France
Position
Milieu de terrain
Club actuel
Heart of Midlothian
Anniversaire
25/08/1988

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