Guilaume Legras : « Si on ne supporte pas la pression, on ne dure pas dans ce milieu » (2-2)

11025957_753597588071775_503872625049250550_n

Deuxième partie de notre entretien avec le milieu français. Entre les Medias, les supporters et la ferveur, il nous explique la passion et le professionnalisme qui règne au sein de la 3e division italienne.

Barletta fait donc faillite et après six mois sans club, vous signez à Albinoleffe ?

Albinoleffe est le deuxième club de Bergame, une ville à côté de Milan. C’était complètement différent, mais agréable aussi. Les infrastructures sont dignes d’un club de Serie A. Les rapports humains n’étaient pas les mêmes, mais c’était très professionnel. On jouait dans le stade de l’Atalanta. Sportivement, ç’a été enrichissant. Il y a trois poules de Serie C, celle-ci était plus technique. Mais la ferveur était moins forte.

Pourquoi n’être resté qu’une saison ?

Je n’avais signé que jusqu’à la fin de saison. Je serais bien resté dans le nord mais j’ai reçu un appel de Vibonese. C’est une région de l’Italie que j’avais envie de connaître. Le projet était intéressant, j’allais découvrir la Calabre. Le club d’Albinoleffe partait sur d’autres projets aussi. Donc on s’est quitté en bons termes.

Vous avez retrouvé la ferveur ?

Exactement. On a joué le maintien, c’était une expérience à vivre. Je voulais retrouver ce que j’avais vécu à Barletta, même si la ville était moins touristique, moins attrayante. J’ai joué tous les matchs, j’ai rencontré de belles personnes.

« En Serie C, on est suivi comme un club de Ligue 1»

Pourquoi n’être resté qu’une saison à Vibonese ? C’est courant de ne signer qu’une saison à chaque fois ?

Non, c’est un choix de ma part. Je ne savais pas trop quand j’allais avoir envie de rentrer en France, donc je préférais ne signer que des contrats de courte durée. J’étais clair dès le départ avec les dirigeants. Les clubs auraient aimé poursuivre avec moi mais ils comprenaient mon choix et ne m’en ont jamais voulu.

Quand on joue le maintien, est-ce plus compliqué connaissant l’exigence du public italien ?

Il y a une certaine pression, mais si on ne la supporte pas, on ne dure pas dans ce milieu. Je suis arrivé à 23 ans, ce n’est pas vieux mais j’avais un peu de vécu. Il peut y avoir un peu de pression des supporters aux entrainements, quelques incidents. A Barletta, c’était plus chaud mais les gens n’ont jamais dépassé certaines limites et ont fait des choses pour le bien du club. Malheureusement, le président a eu des soucis financiers et c’est dommage parce qu’il n’a pas pu suivre, le club a fait faillite alors qu’on avait une belle équipe.

14089023_10210041988557141_1898778340927218667_n

L’exposition médiatique est différente ?

J’arrivais de Montpellier, j’avais vu des conférences de presse. En plus, c’était les années Ligue des Champions donc j’avais un peu de recul là-dessus. Heureusement parce que je suis arrivé à Barletta, j’ai fait ma première conférence de presse. J’étais le nouveau joueur, français en plus il ne fallait pas trop se louper parce qu’on est très suivi d’un point de vue local. J’ai fait ma première interview en italien s, je ne parlais pas un mot, au bout de deux semaines c’était quelque chose. Mais j’ai adoré parce qu’ils m’ont laissé le temps. Je faisais des erreurs et ils en rigolaient plus qu’autre chose, ce n’était pas méchant. Aujourd’hui, je n’en garde que des bons souvenirs. On est suivi comme en Ligue 1. On sait tout sur l’adversaire, les médias relayent toutes les infos…

Vous êtes sans club, quels sont vos projets ?

Je suis rentré en France. Je suis sur Châteauroux, proche de ma famille. J’aimerais trouver un contrat pro ou fédéral. J’ai eu quelques touches et j’espère que ça se concrétisera avant noël. Je m’entretiens bien, j’ai fait le stage UNFP avec de bonnes performances, notamment en marquant contre Amiens. Je voulais voir où j’en étais par rapport au championnat de France et je sens que je suis capable de repartir pour de belles saisons, je n’ai que 27 ans.

Et si l’étranger retape à votre porte, que feriez-vous ?

On ne vit qu’une fois ! Mais j’ai envie de retrouver ma copine, ma famille. A l’étranger, il y a des choses qu’on ne peut pas refuser. Si on me propose un super projet en Serie B, Serie A ou un club de première division ailleurs, c’est dur de dire non. Il faut tout écouter, même si la priorité est vraiment la France.

 

Les commentaires