Guillaume Legras : « En Italie, si les résultats sont là, on est les rois de la ville » (1/2)

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Actuellement sans club et formé en France, le milieu de terrain Guillaume Legras a passé quatre saisons en Serie C, en Italie. Le temps pour lui de faire sauter ses préjugés et découvrir la passion débordante du pays du calcio. Première partie de notre entretien.

Guillaume, comment te retrouves-tu en Italie ?

Je sortais de trois années pro à Montpellier et j’ai fait le stage UNFP. On a fait un tournoi FIFPRO. Il y a la Reggina, en Serie B, qui m’a proposé un essai. Ça s’est bien passé, et on m’offrait un contrat. J’étais content, j’allais découvrir un nouveau pays. Puis, on m’a fait patienter deux ou trois jours et le club a fait signer dans la foulée un milieu qui arrivait du Milan AC, Strasser. C’est courant dans le foot mais je n’avais pas trouvé le directeur sportif correct. Le capitaine de l’époque, Lucioni (aujourd’hui à Benevento) m’avait trouvé bon et a contacté son ancien club, Barletta. Je ne savais pas du tout ce que valait la Serie C, j’ai fait trois jours là-bas, et j’ai vu que c’était très pro et j’ai signé un an plus une année supplémentaire.

Quelle image aviez-vous de l’Italie ?

Je ne m’étais jamais trop renseigné car je n’étais pas plus attiré que ça par le championnat italien, à part l’époque Zidane à la Juve. J’ai été agréablement surpris, le jeu me convenait bien, ça jouait au sol. Barletta était une superbe ville au bord de l’Adriatique, les gens sont passionnés. J’avais en plus un salaire correct, j’ai joué dès le début. Je ne demandais qu’à apprendre la langue, ça leur a bien plu. J’avais des préjugés qui se sont avérés faux. Effectivement, on travaille beaucoup la tactique, mais une fois que j’ai compris dans quel but c’était fait, j’ai énormément progressé.

On travaille vraiment différemment ?

Cela fait quatre ans que je n’ai pas été coaché par un entraineur français. Il a eu certainement des évolutions et je ne veux pas cracher sur ce qui se fait ici. A Montpellier, j’ai eu de très bons formateurs. J’ai joué en National à Martigues, l’équivalent donc de la Serie C. Il y a du bon et du mauvais dans les deux, mais l’approche tactique et les renseignements sur l’adversaire sont bien plus importants en Italie. On connaissait tous les adversaires, comment ils jouaient. Il y a un vrai travail de fond là-dessus. Le travail foncier est plus conséquent aussi. Mais dans l’impact physique, c’est plus costaud en France.

« En Italie, les rôles sont bien définis et personne n’en sort»

 

Tu dirais que c’est plus professionnel ?

Les rôles sont bien définis et personne n’en sort. Le préparateur physique est le maitre dans son domaine, le directeur sportif aussi. Le capitaine d’une équipe a un rôle plus important qu’en France. Il est emblématique. Les supporters sont présents, le club de la ville est important. On supporte le club d’où l’on vient avant de regarder un autre club. La passion est énorme, surtout dans le sud. Il faut donner pour avoir en retour. Si les résultats sont là, on est les rois de la ville. On sent qu’on n’a pas trop le droit à l’erreur.

Vous vous êtes bien adapté à Barletta ?

C’est un de mes meilleurs souvenirs. Les supporters m’appréciaient. J’ai connu deux saisons, la première était moyenne en terme de résultats. La seconde était bien meilleure. La ferveur est montée crescendo. La ville, le climat étaient sympas. Les gens sont plus chaleureux que dans le nord. C’est agréable de vivre dans une ville où les gens sont passionnés par le foot, même les petites filles. En France, ce n’est pas partout le cas.

Deuxième partie de cet entretien à suivre cette semaine sur French Touch FC…

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