Jean-David Beauguel :  « C’était très dur de me concentrer sur le football l’année dernière… » (2/2)

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Après avoir évoqué son étonnante expérience à l’Espérance Sportive de Tunis lors de la première partie de l’entretien, Jean-David Beauguel nous parle cette fois de son passage en D1 néerlandaise et de sa vie actuelle avec le Dukla Prague en République Tchèque ! (Photo : Dukla Praha)

Lors de la saison 2013-2014 avec le RKC Waalwijk, tu accumules du temps de jeu, tu marques des buts mais manque de pot, le club descend en deuxième division à l’issue de la saison…

En arrivant, je savais que je n’allais pas être l’attaquant numéro un mais que j’allais avoir du temps de jeu car c’était un petit club qui jouait le maintien donc le coach n’allait pas avoir 36 000 solutions de rechange. C’était ensuite à moi de prouver que j’avais le niveau et que l’entraîneur pouvait me faire confiance. Pour une première saison, ça s’est bien passé, j’ai marqué 7 buts sans forcément tout le temps jouer mais malheureusement on a perdu aux play-offs et nous sommes descendus en D2. Franchement, ça m’a beaucoup embêté car je pense que je serais resté là-bas sans cette relégation surtout que j’avais deux ans de contrat.  L’Eredivisie est un super championnat pour les jeunes, pour se faire connaître : jouer contre des clubs comme l’Ajax, le PSV, le Feyenoord, c’est énorme. C’est dommage, ça ne m’aurait pas déplu de rester là-bas.

Tu parles d’un championnat qui révèle des jeunes, justement quand on jette un coup d’œil au classement des buteurs de l’Eredivisie lors de cette saison 2013-2014, on voit des beaux noms : Graziano Pellé claque 23 buts, Dusan Tadic marque 16 buts, Memphis Depay 12 buts… quel joueur t’avais le plus marqué aux Pays-Bas ?

Christian Eriksen ! Pfiooou ! On a fait un match amical contre l’Ajax avant qu’il ne signe à Tottenham, on a perdu 4-1 : le mec était au-dessus du lot techniquement, c’était impressionnant. C’est vraiment lui qui m’a marqué. Il y a aussi Graziano Pellè, il a marqué pas mal de buts en Hollande et pour un mec de sa taille, il était assez technique. Enfin, Dusan Tadic, un vrai numéro 10 avec de la technique et une qualité de passe, pas étonnant qu’il joue à Southampton aujourd’hui.

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Beauguel sous les couleurs du RKC Waalwijk (Photo: Voetbal Zone)

Tu atterris en 2014 au Dukla Prague, un club récemment promu en D1 tchèque. Comment se sont passés les contacts ?

Le club cherchait un attaquant car leur buteur venait de signer en Bundesliga.2. Ils cherchaient un buteur un peu grand, un peu costaud et mon agent avait des contacts en République Tchèque. Il m’informe de la possibilité d’essais en Championship ou en League One mais précise que les clubs anglais reprennent assez tard. Pour la Ligue 2, c’était compliqué car les clubs n’ont pas forcément les moyens d’acheter un joueur. De mon côté, je ne voulais pas attendre et rester en D2 néerlandaise. Je voulais un club de suite, faire une bonne préparation et il me parle du Dukla Prague.
Je me dis on y va : Prague est une capitale, une grande ville, ça va bouger, je pense que je peux arriver à m’acclimater et ça peut être un bon tremplin. Je pars faire un essai, je sais qu’ils sont intéressés mais ils veulent me voir à l’œuvre : lors du match test, je rentre à la pause et je mets un quadruplé en 20 minutes. Du coup, c’était plus facile pour négocier le contrat !

Première saison, tu marques 8 buts en championnat et vous finissez 6e à quelques points d’une qualification pour l’Europa League.

Les six premiers mois se passent vraiment bien. Je marque 6 buts en 18 matchs. Malheureusement je me blesse lors d’un match amical avant la trêve hivernale. Je me fais les ligaments à la cheville donc gros coup dur. C’était la première fois que je me blessais aussi gravement. Revenir et retrouver mon niveau fut compliqué. Dommage, on était à quelques points de jouer une place pour l’Europa League ! En plus, la saison d’après, le Slovan Liberec a joué contre l’Olympique de Marseille en Europa League donc autant te dire que j’avais les boules ! Pour quelques points, cela aurait pu être moi qui jouait dans ma ville contre mon club de cœur, cela aurait pu être énorme !
Hormis cela, ce fut une saison intéressante car c’était la première fois qu’un coach me faisait confiance en tant qu’attaquant numéro un. A la fin de la saison, j’avais été nominé dans les Trophées UNFP de la République Tchèque dans les catégories « Révélation de la saison » et « Meilleur étranger ». Même si je n’ai pas gagné, j’étais content car j’estimais que c’était une petite récompense par rapport à la saison que j’ai pu faire.

 En revanche, l’année dernière tu ne trouves pas le chemin des filets malgré 20 matchs disputés. On voit aussi que tu n’es pas tout le temps titulaire et sur le plan collectif, le club termine en deuxième partie de tableau…

Je pense que j’ai eu du mal à m’acclimater. De plus, j’ai eu quelques problèmes personnels notamment avec ma mère qui est tombée malade. C’était très dur pour moi de me concentrer sur le football, je voulais rentrer en France. J’avais du mal à trouver la motivation et j’ai eu moult fois des discussions avec le coach : je n’arrivais plus à être ici en République Tchèque. Ce qui explique ma saison dernière très compliquée, sans oublier plusieurs petites blessures. Si le mental ne suit pas, le physique prend aussi un coup.

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Jean-David frappe un ballon invisible (Photo : Dukla Praha)

Tu dis que tu as eu beaucoup de discussions avec le coach, est-ce qu’il comprenait ta baisse de niveau par rapport à tes problèmes ?

Oui, il comprenait. Il était prêt à m’accorder un jour de plus pour que je puisse rentrer pendant nos jours de repos. J’essayais mais je n’y arrivais pas : c’était vraiment dur de me concentrer sur le foot alors que je savais que ma mère était malade.
D’habitude, même quand je jouais seulement 10 minutes, j’étais prêt à rentrer pour tout casser. Alors que là, que je jouais ou pas, c’était pareil. Ce n’est pas mon comportement habituel mais l’année dernière, je m’en foutais. Le coach a essayé par tous les moyens de me piquer un peu mais ça ne marchait pas.

« Revenir en France est ma priorité »

Est-ce que tu es désormais reparti de l’avant ou veux-tu toujours rentrer en France ?

A la fin de la saison dernière, j’ai indiqué aux dirigeants ma volonté de partir : j’ai fait la Tunisie, la Hollande et j’avais besoin de me ressourcer. Ils m’ont demandé de réfléchir pendant les vacances et de refaire un point à mon retour. L’été est passé, j’en ai profité pour me remettre en question, pour oublier cette saison qui fut très mauvaise. Je me suis dit : « Tu fais du foot, l’un des métiers les plus beaux au monde, tu es bien payé pour ce que tu fais, reviens et parle avec eux ! ». A mon retour, je parle avec mes dirigeants et je leur dis que je veux bien voir comment la préparation va se passer avec le nouveau coach. Au final, l’avant-saison se passe super bien, je marque plusieurs buts et j’ai un bon feeling avec le coach !
Je suis libre à l’issue de la saison donc si je fais ce qu’il faut pendant une saison, je peux trouver un club. Je pense que je peux jouer en Ligue 2 mais le problème c’est que financièrement les clubs de Ligue 2 ne peuvent pas acheter un joueur. Je sais que si à la fin de la saison, j’ai marqué quelques buts, réalisé une saison complète, je peux revenir en France surtout que c’est ma priorité.
Après s’il y a une offre qui ne se refuse pas à l’étranger, je vais y réfléchir…

Le championnat tchèque, ça donne quoi ? Cette année, trois clubs (Viktoria Plzen, Sparta Prague et le Slovan Liberec) disputent l’Europa League, ce qui est plutôt pas mal.

Les trois clubs que tu cites et je rajoute également le Mlada Boleslav : ce sont vraiment des équipes de bon niveau. A l’instar du Sparta Prague qui élimine la Lazio Rome l’année dernière en 8es de finale de l’Europa League (NDLR : le Sparta Prague sera ensuite éliminé en quarts de finale par Villarreal). Plzen avait également fait parler à l’époque en Ligue des Champions lors de la saison 2011-2012 avec des matchs intéressants réalisés contre le Milan AC et le FC Barcelone. Ça joue vraiment bien au ballon. Le reste des clubs, c’est niveau Ligue 2, bas de tableau Ligue 1. Ce n’est pas trop un championnat réputé pour sa qualité technique.

Prague est encensé dans beaucoup de médias. On parle d’une ville vivante, riche culturellement et où les bières ne sont pas chères. Tu confirmes ?

Je ne suis pas du tout bière (rires) ! Je suis très vin. Prague est une ville magnifique : si les gens ont la possibilité d’y aller un jour, qu’ils le fassent car ils ne le regretteront jamais. C’est un endroit magnifique à visiter mais après pour y vivre, ce n’est pas pareil. Ça fait trois ans que je suis ici, on fait vite le tour.
Après si tu veux y aller une semaine ou alors pour les jeunes, faire un stage de deux ou trois mois, ils vont se régaler !

Un petit mot pour finir ?

On a parlé de l’Eredivisie et j’ai pensé à un ami à moi, Cyril Chevreuil qui vient de signer au Sparta Rotterdam. Le fait qu’il soit aux Pays-Bas, ça me fait penser à moi : un jeune qui arrive en essai et qui signe. Je suis super content pour lui !

Amayes Brahmi –

Retrouvez la première partie de cet entretien en cliquant ici.


Jean-David Beauguel

beauguelprofil
Nationalité
fra France
Position
Attaquant
Club actuel
FC Fastav Zlin
Anniversaire
21/03/1992

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