Thomas Coroenne : « Ici, c’est le paradis »

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 Thomas Coroenne, jeune Marseillais de 20 ans a décidé de faire le grand saut pour l’étranger. En Grèce, et plus particulièrement en Crète, à Tymbaki, ce milieu offensif s’épanouit autant sur le terrain qu’en dehors. Un entretien qui sent bon le soleil et la joie de vivre.

Thomas, comment t’es-tu retrouvé en Grèce ?

Je pars là-bas en vacances depuis cinq ou six ans, à Tymbaki. A partir des U15, j’ai reçu un programme de préparation pendant l’été et j’ai demandé au club du village si je pouvais m’entrainer avec lui. Pendant deux ans, j’ai fait ma préparation en Grèce, puis la troisième année, ils m’ont demandé de rester. J’avais mon diplôme et mon permis à passer en France, donc je ne suis pas resté. Par contre, cette année, j’ai accepté leur proposition.

En quelle division joues-tu et à quoi ressemble le foot en Grèce ?

C’est l’équivalent d’une division 3 ou 4. Le foot est moins technique mais beaucoup plus physique qu’en France. Ça rentre de manière correcte, mais ça rentre ! Etant donné que depuis quatre ans, je me prépare avec eux, j’avais fait des matchs amicaux et donc je savais à quoi m’attendre. Par contre, il a fallu que je m’adapte au championnat car après un match et demi, je me suis blessé à la clavicule et j’ai loupé la première partie de saison.

Sur le plan sportif, les résultats sont bons ?

La première partie de saison a été compliquée. J’ai joué seulement les deux premiers matchs, qu’on avait gagné, ensuite j’ai été blessé. Ensuite on a connu beaucoup de matchs nuls. Depuis le changement de coach à la trêve, on gagne plus. On est en milieu de tableau, à la onzième place.

« Je sais que je peux compter sur le club. Ça rassure quand on n’a pas sa famille, ni ses amis »

Tu sens que tu as progressé cette saison ?

Oui, j’ai pris en masse. Je sens que j’ai progressé physiquement car je ne me fais plus bougé dans les duels. Et techniquement, moi qui joue habituellement sur les côtés, en deuxième partie de saison, le coach m’a fait joué en dix et ça m’a permis d’élargir ma palette. C’est ma première année en sénior, à l’étranger en plus, dans un championnat à vingt clubs. Il a fallu digérer tout ça.

Tu as un contrat ou tu travailles à côté ?

J’ai un contrat, le club me paye le logement. Je fais mes courses pour le repas du midi, et le soir, je mange au resto d’un de mes coéquipiers et le club paye.

Parfois en Grèce, les joueurs connaissent des problèmes, ce n’est pas ton cas apparemment…

Le premier entraineur que j’ai connu ici, lors des deux premières années, est devenu mon agent. Il connait bien le club, quand j’ai besoin de quelque chose, il s’arrange avec lui. Je fais mon boulot sur le terrain et lui gère mes intérêts.

Quand tu as été blessé, le club t’a soutenu ?

Quand je me suis blessé, le club a fait tout ce qu’il fallait, les dirigeants m’ont emmené à l’hôpital. Quand j’ai demandé à l’entraineur si je pouvais faire ma convalescence en France, il a accepté. Le président m’a payé l’avion et m’a dit que si j’avais des frais, des soucis, je pouvais l’appeler. Le coach suivait l’évolution de ma blessure. Je suis revenu un vendredi et il m’a fait jouer la deuxième mi-temps le dimanche. Ça prouve la confiance qu’ils ont en moi. Je sais que je peux compter sur le club. Ça rassure quand on n’a pas sa famille, ni ses amis.

Tu parles grec couramment ?

J’apprends, mais c’est une langue difficile. Je communique en anglais, sinon, je fais des gestes. Ça, tout le monde comprend (rires). Sinon, pour le langage foot, je communique en grec. A force de l’entendre, je l’ai bien intégré.

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Comment est la vie de tous les jours ?

C’est le paradis. On est le fin avril, ça fait deux semaines qu’il fait beau. Du coup, je vais à la plage, à la piscine. Les gens ici ne se prennent pas la tête, un peu comme en Corse, c’est très famille.

Tu t’es fait des amis ?

Comme ça fait un petit moment que je viens, je connais pas mal de monde. Et à force de rester avec des personnes, qui en connaissent d’autres, ça va très vite. Les gens savent que je suis français et ils sont sympas avec moi. Vraiment, je me sens bien ici.

Ça n’a pas été trop dur au départ ?

En août, il y avait mes parents avec moi, puis je suis reparti en France à cause de ma blessure, de mi-septembre à décembre. Puis je suis revenu en France pour les fêtes de noël. Là, ça fait cinq mois que je n’ai vu personne, la famille me manque, bien sûr. Et le fait de réfléchir pour parler en anglais, au départ, c’est fatiguant. Mais c’était un choix de ma part et je ne regrette pas. Je peux prendre ma voiture pour me balader, quand j’ai envie de bouger. J’ai mon chez moi, je suis bien. Et l’an prochain je reste à Tymbaki.

Tu sais déjà que tu restes ?

J’aurais peut-être des sollicitations. Je n’ai pas envie de faire la même erreur que font certains professionnels. Je préfère rester. Sur le plan perso, cette année, ça n’a pas été le top avec cette blessure. Je préfère faire une année supplémentaire, en pleine confiance et confirmer.

Jérôme Olivari – 

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